Climat. Un ministre macroniste qui appellerait secrètement des députés pour les dissuader de défendre la biodiversité et le climat ? C’est ce que dénonce Claire Nouvian, fondatrice de l’association BLOOM, « entièrement dévouée aux océans et à ceux qui en vivent ». Il s’appelle Hervé Berville, secrétaire d’État auprès de la Première ministre, chargé de la mer. Voici comment elle le présente : « l’un des ministres les plus anti-écologiques du gouvernement […] qui ne respecte pas la séparation des pouvoirs ». Un ministre bien à sa place, étant sous les ordres d’un président condamné deux fois pour inaction climatique. Notre article.

Des appels secrets pour dissuader des députés de défendre le climat : portrait au vitriol d’un ministre anti-écologique, doublé d’une vision choquante de la démocratie parlementaire

Pour rappel, Hervé Berville est cet ex-député LREM… qui ne savait pas ce qu’était la prime de Noël. Claire Nouvian a dénoncé les agissements du secrétaire d’État à la mer, Hervé Berville, dans un long fil sur Twitter. Elle n’a pas mâché ses mots. La militante écologiste le décrit d’abord comme « l’un des ministres les plus anti-écologiques du gouvernement ». Hervé Berville ferait ainsi partie de la même catégorie que Christophé Béchu. L’actuel ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires n’a fait aucune intervention sur l’écologie lorsqu’il était sénateur. Il a aussi voté contre l’interdiction des néonicotinoïdes.

Quels actes permettent à Claire Nouvian de classer Hervé Berville dans cette catégorie ? « Peu médiatisé, il en profite pour favoriser les intérêts des lobbies industriels qui détruisent le climat et l’océan », explique-t-elle. « Secrétaire d’État à la Mer, il tient par-devant le discours de l’ambition environnementale et par-derrière, applique la ligne anti-écologique de Macron. Sur tous les sujets, il défend la ligne de Macron et les lobbies climaticides : extraction minière en profondeur (« deep-sea mining »), aires marines protégées, senne démersale… »

La militante écologiste dénonce les méthodes du secrétaire d’État chargé de la mer. « Il ne se contente pas de « blue-washing » et des doubles discours devenus la signature de Macron en écologie. Il est proactif. », dénonce-t-elle. « Sa stratégie anti-écologique prend des formes et des modalités différentes : diversion, mépris, mauvaise foi, pressions directes sur des élus. » Pression directe sur des élus ? Oui, vous avez bien lu. Ce que dévoile Claire Nouvian sur Hervé Berville ferait de lui un bon résumé du macronisme : politique anti-écologique, doublée d’un mépris pour le Parlement.

Mobilisation de la France contre l’interdiction de la senne démersale : un coup du duo Macron/Berville

La senne démersale est « une technique de pêche qui ravage l’océan, les animaux marins et les ports de pêche français », selon les mots de Claire Nouvian. Elle consiste à déployer un câble sur les fonds marins qui forme un polygone couvrant une surface de 3 km². Soit 1,5 fois la taille de Monaco. Cette technique de pêche est dénoncée par l’immense majorité des pêcheurs eux-mêmes. Mais aussi par plus de 120 députés français et européens. Parmi eux, on compte les insoumis Manuel Bompard, Manon Aubry et Younous Omarjee.

Le 12 juillet, le parlement Européen a voté pour l’interdiction de la senne démersale. Le 29 septembre, un « trilogue » (négociation opaque entre la Commission, le PE et le Conseil UE, ndlr), devait statuer définitivement sur cette décision. Le trilogue s’est prononcé contre son interdiction.

Claire Nouvian a vilipendé cette décision : « Emmanuel Macron a empêché l’interdiction d’une méthode de pêche climaticide qui ravage l’océan, les animaux marins et les pêcheurs artisans ». L’Association BLOOM, qu’a fondée Claire Nouvian, a dénoncé le rôle d’Hervé Berville dans cette affaire. Il « s’est même impliqué personnellement pour amoindrir et dissuader la mobilisation des parlementaires contre cette méthode de pêche désastreuse. »

Derrière les appels à la sobriété, à mettre des pulls à col roulé et à baisser le chauffage, la macronie continue de défendre des positions anti-écologiques. Cette technique de pêche industrielle, dénoncée de toute part, aurait pu être définitivement interdite. Mais Macron, aidé par son discret secrétaire d’État à la mer, a cru bon de défendre les intérêts des industriels plutôt que ceux de la biodiversité. De même que pour la nomination de Didier Lallement comme secrétaire général de la mer, les défenseurs des océans boivent (encore) la tasse.

Par Nadim Février.