Les Gilets Jaunes, de mon point de vue

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Salut à toutes, salut à tous,

→ Avant de démarrer cet article, sachez que si vous avez l’habitude de me lire, cet article sera bien plus long que d’habitude, il émane de plusieurs semaines de vécu, ce sera plus un récit qu’un article à proprement parlé, bonne lecture !

Vous le savez peut-être, j’ai rejoins depuis début décembre le mouvement Gilets Jaunes, en mon nom (ça aura un peu d’importance plus loin). Je vais vous dire pourquoi j’ai rejoins le mouvement alors qu’au début j’étais plutôt contre, je vais vous dire ce qu’il s’y passe par chez moi, où est-ce que je manifeste, pourquoi je manifeste, je vais aussi vous remonter les violences que j’ai pu voir ou subir mais aussi ce que j’ai subi en tant que personne mais bien entendu de très bonnes choses vécues.

Ouais, y’en a marre de ces casseurs qui cognent du flic et brisent les vitrines !!! Marre des extrémistes de Droiche !!! Marre de l’extrême-centre !!!

Je vous fait un aveu, je ne suis pas monté sur Paris pour les manifestations Gilets Jaunes. Je connais des personnes, de confiance, qui m’ont remontés les différentes choses vues sur la capitale, certaines ont aussi fait des vidéos (Live Facebook) où l’on peut voir des violences ou ils en rapportent.

Bien entendu, certaines choses qui ne viennent pas de moi directement, que je vais conter, même s’ils viennent de sources de confiance sont à prendre au conditionnel, certaines choses peuvent en résulter d’autres, cela ne vient pas de mes propres dires.

Même si les Médias, du type BFMTV, CNews, LCI, France3, TF1, etc. racontent ce qu’ils veulent et plus souvent ce que veut le gouvernement, certaines chaînes essaient de se racheté une crédibilité, et les gens commencent enfin à se poser la question de savoir si c’est de l’information ou de la désinformation et aussi à vérifier leurs sources, par rapport aux rapports avec les médias, ce mouvement Gilets Jaunes c’est un mal pour un bien disons.
Il faut un peu tout recouper, mais il faut bien entendre une chose, les Médias (ceux cités juste au dessus) sont là pour faire du “spectacle” du “sensationnel”.

N’importe quoi ! Nan ?

Par exemple, ils ne disent pas en été “Il fait une bonne température de saison, même s’il fait 1,5°C de plus que l’an dernier à cette période, pensez à vous réhydrater régulièrement, passons maintenant à l’actualité, en Belgique, ci-ça, ci-ça !” Non ! Nada, que dalle, wallou ! La température ne sera pas de la météo mais de l’actualité, narré autrement “L’an dernier il faisait une chaleur déjà étouffante, mais pourtant il faisait 1,5°C de moins qu’aujourd’hui, la lourde canicule de cet été est sans précédent, les personnes se ruent sur les points d’eau et les zones d’ombre, ils cherchent à se rafraîchir par tous le moyens, reportage de Jean-Mich-Much”, c’est un exemple, avec la météo, alors rendez-vous compte pour le reste de l’actualité…

Ce n’est pas pour rien que BFMTV filme et diffuse en boucle quelques poubelles cramés mais pas le mouvement pacifiste qui n’est pas assez sensationnel !

Sur ce sujet je vous conseille une très bonne vidéo de Hacking Social (ainsi que toute leurs vidéos, mais finissez de lire cet article avant !) :

Sur YouTube : Par ici le lien !
Sur PeerTube : Par ici c’est encore mieux !

Bref, passons.
Au début, j’ai vu le mouvement “Oh là là, on augmente le prix de l’essence et le diesel, c’est une honte, mettons nos gilets jaunes et gueulons !”, j’exagère les propos, mais — c’est un peu ça !
Les gens ont râlé — a juste titre ou pas — contre l’augmentation du carburant. Personnellement, j’ai déjà conduit mais je suis actuellement piéton/cycliste. J’habite en banlieue Parisienne, les transports en commun restent abondant, bref, la voiture n’est absolument pas une obligation, c’est juste un confort supplémentaire. Même pour aller travailler sur la capitale ou les villes proches, les transports en commun restent un moyen plus que pratique par rapport à la voiture. Par contre, oui, pour les personnes qui travaillent avec des horaires atypique, les habitants ruraux, où le moyen de transport le moins contraignant est la voiture ou le scooter et autres mobylettes, ou encore celles et ceux dont la conduite est leurs métier, la question du carburant est importante.

Mais de là à créer une révolution, je n’en était pas convaincu. C’était au 17 Novembre, Acte 1.

L’Acte 1, 17 Novembre 2018 — Ce n’est pas ma révolution…

Vraiment, j’étais très en colère, j’avais l’impression de voir des gros pollueurs gueuler par ce qu’ils allaient payer plus cher pour polluer, faut pas déconner !
Et puis très rapidement, j’ai éteint BFMTV pour rechercher les réelles revendications des premiers Gilets Jaunes. Car oui, à la TV, on ne parlait que la revendication de la hausse du carburant, que c’était des citadins qui gueulait, et rien que ça, c’était bien trop gros pour prétendre à un 1789 bis repetita, non, il y avait d’autres choses, bien plus enfouis, d’autres revendications. BFM&Co. se sont bien gardés de ne pas révéler les autres revendications — sûrement insignifiantes pour eux — pour continuer à mettre en avant “l’unique” revendication… Et puis, de nombreuses personnes ont très certainement faites comme moi, on a toutes éteint BFMTV et cherché sur internet les raisons.

Quelques personnes de mon entourage me disaient “Hey Stef, tu va mettre ton Gilet Jaune Samedi ?”… Juste pour de l’énergie fossile, qui va nous tuer ? Non, c’est impossible que des gens ne gueulent que pour ça, je veux bien qu’il y ait un tas de cons en France, 18%, comme LReM, mais… Non, je ne crois pas en cette théorie !

Je fouille le net, sur quelques médias un peu plus honnête comme Mediapart, LeMédia, Brut., RT France (oh oui, je sais, pensez-en ce que vous voulez…).

N’en déplaisent à BFM&Co., j’ai vu que les revendications étaient bien plus larges — moins qu’aujourd’hui certes — des trucs tout simple “Salaires décents”, “Retraites décentes”, “Meilleure couverture sociale”, “Plus de moyens pour les services publiques”, “Retour à l’ISF”, “Mieux taxer les impôts” et bien plus.

Je comprends que c’est une haine plus ou moins enfouis qui ressort, en ajoutant à cela l’arrogance et la condescendance de notre maître tout puissant Macron, avec ses réflexions déplacées, humiliantes et dégradantes…

“Je traverse la rue, je vous trouve du travail”

“Des Gaulois réfractaires au changement”

“Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien”

“Vous n’allez pas me faire peur avec votre T-shirt : la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler”

Les femmes salariées de Gad, “pour beaucoup illettrés”

“Le kwassa-kwassa pêche peu ! Il amène du Comorien !”

Mais… C’est quoi ce type, sérieux !?

Dans ma tête ça a fait “TILT” ! Bon sang, mais c’est pourtant simple. Plus de 50 ans d’une cinquième république qui était — petit à petit — remise en question, idem pour ce qu’on appelle la “Démocratie”, un gros connard arrogant, né avec une tototte en argent dans la bouche, qui a fait des études, qui se la pète et bien plus haut que ses nasaux, un Trump à la Française, propulsé au rang de Président, et les gens sortaient spontanément, dans les rues, investissant des ronds-points, laissant suggérer “c’est à nous”. Le mouvement a été pris à la légère, par Emmanuel MACRON et sa clique. Plusieurs septennats et quinquennats gérés merdiquement, répressivement, dégradé au fur et à mesure, principalement ressentit dès le quinquennat de Jacques CHIRAC, puis le déclin formel dès le quinquennat de Nicolas SARKOZY, le gloubiboulga présidentiel de Flamby François HOLLANDE et nous voilà avec le Jupitérien, l’arrogant, l’insolant, l’insultant, le dérangé, Emmanuel MACRON.

Nous portions déjà tous — ou presque — un vase remplis déjà à ras bord que MACRON vient à remplir à nouveau, le verre d’eau vient à faire déborder le vase…

L’affaire Benalla a déjà bien amorcer l’état d’esprit dictatorial ce personnage…

Tout ça, vous l’avez vu à la TV, entendu à la radio ou vu sur l’Internet ! C’est vers l’Acte 2 que j’ai compris et voulu rejoindre le mouvement.

Acte 2 — Attention j’arrive !!!!

Cependant, aller sur Paris, même si c’est la porte d’à côté, seul… Ce n’était pas mon kiff ! J’ai cherché sur Facebook et autres réseaux sociaux s’il y avait des regroupements vers chez moi, hors-mis vers Mantes-la-Jolie et Rambouillet, je ne trouvais rien. J’étais un peu déçu mais surtout frustré.

Frustré car moi aussi, gueulard comme je suis, j’avais envie d’aller y ajouter mon grain de sel de Guérande dans cette soupe rocambolesque !
Frustré car par chez moi, les gens soutiennent, veulent que ça arrive, disent “il faut le faire” mais, ne se bougent pas pour des raisons diverses et variés. Mais là on voit, et je vous rappelle que nous en sommes qu’à l’Acte 2, on voit un mouvement populaire se monter. A ce stade, je crois qu’il s’agit d’une tentative de blocage du pays comme en 1995 ou d’une révolte façon Mai 1968. Je me dit tout de même que l’on ne peut pas en rester là, il faut que ça bouge. Je contacte donc certaines personnes — adepte des manifestations de ce type — et elles sont unanimes “On va sur Paris !”.

Putain, je ne veux pas aller vers Mantes-la-Jolie pour me mobiliser, je n’ai strictement rien contre les Mantois, bien au contraire, c’est juste que de chez moi, j’en ai facile pour 1h/1h20 en transports avec au moins 3 changements… Autant aller sur Paris !

On est 21000 dans ma ville, près de 100000 dans “l’intercommunalité”, bien plus en comptant les autres villes limitrophes, certes je suis proche des villes de boubourges, Maisons-Laffitte, Saint Germain-en-Laye, Le Pecq, etc.

Mais merde… En province, ils tiennent des ronds-points, jour et nuit, y compris dans des petites villes de 4 ou 5000 habitants voir moins ! Ici on est 21000, ça doit être faisable !
Je continue donc mes recherches.

Acte 3 — Rond-point à l’approche…

Le mouvement en est à son Acte 3 demain et toujours rien, je lance des appels sur différents réseaux sociaux depuis des “faux comptes”, mais toujours rien… Personne ne semble motivé !

Des faux comptes ? Pourquoi ne pas le faire avec les réels ? Tu as des choses à cacher ?

Des choses à cacher ? Oui ! A me reprocher, non !
En fait, j’ai d’abord fait un appel entre les actes 2 et 3, sur un groupe de pseudos Gilets Jaunes dont je tairais le nom, d’une part car je ne me souvient plus exactement du groupe Facebook en question, d’autre part que je n’ai pas envie de leur faire de la pub. Sur ce groupe, mon post aux propos très Gaucho certes, je me suis fait insulté, de “réac’ de gauche”, tout simplement par ce que j’ai osé mettre mes revendications dans un post qui, en gros, disait qu’il fallait arrêter de se faire marcher sur les pieds, qu’il fallait se motiver et créer un mouvement dans ma ville, que je cherchait des gens motivés car il y en a marre des SMIC à moins de 1400€, des retraites absurdes, du manque de transports gratuits etc. Certes, des propos de gauche comme je le disais, et je n’ai jamais caché que j’ai quasi toujours voté Mélenchon. Ça se voit sur différentes publications publiques Facebook principalement.
Alors j’ai eu le droit à ce genre de choses :

“On ne veut pas de politiques” → Mais je suis assez d’accord ! Je ne suis pas un “politique” je suis politisé, nuance.

Je me suis posé des questions, j’ai dû louper quelque chose, ce sont que des fachôts du Rassemblement Nationale ou quoi ? J’ai rapidement détruit le post initial, masqué ou supprimer des anciennes publications qui pourraient me nuire, j’ai réutiliser un ancien compte que j’ai renommé, ironiquement en “Gilles John” :-3

Non, ne cherchez pas, ce compte aussi est fermé. Puis un énervé par message privé, sur mon vrai compte…

Tout ça parce qu’en fait, depuis mon profil public, on ne pouvait voir que certaines publication, et je partageais publiquement (et bêtement) des sujets concernant la politique, avec par fois mon avis de “Sale Bobo Parigo Gaucho” bien trempé !
Je vous rassure, ces messages me passent au dessus de la tête.

Ça pique toutes ces fautes… Ils auraient mieux fait d’écouter les profs plutôt que la famille Le Pen ceux-là…

Vous le savez peut-être aussi, je gère une Radio Associative, que j’essaie de tenir la plus apolitique (ce qui est extrêmement complexe), libre, accessible, non subventionné. J’en suis le Président. Et un bon nombre de personnes de ma ville me connaissent en tant que “Le gars de la radio”, alors forcément, j’ai reçu des menaces du type qu’on allait cramer [ta] ma radio, que c’était du bidon car je dis “Radio apolitique” mais que je me mouille politiquement etc. ou encore une menace de mort, bon, je connais de vu le type, il est dérangé, je l’ai croisé au Leclerc le lendemain de son message, je l’ai salué, il m’a salué, regardé de la tête au pied puis m’a dit “Désolé pour le message, hier j’avais picolé !” — BigUp à toi si tu lis ce message, fais gaffe l’alcool c’est dangereux 😉

Je n’ai pas mis les captures car j’ai supprimé les messages puis après j’ai réfléchis ! Et puis, il s’est excusé !

Peu avant l’Acte 4, j’ai eu la grande surprise de voir quelques personnes — que je connaissais pour certaines — lancer le mouvement, en appelant à venir manifester pacifiquement à un grand rond-point, à deux pas de la maison ! Chouette !

Acte 4 — Faux départ !

Je me prépare et le jour J, grosse alerte sur Facebook, “On annule, ne venez pas !”. Tout ça car des lycéens ont voulu s’emparer du truc à leur manière et ont commencer à fichtre le dawa sur les routes, faisant intervenir les forces de l’ordre qui ont enfin pu, au passage, utiliser leurs grenades lacrymogène qui périmait en 2004 !
Énervé, je leur fais un message. En gros, je dit que ce n’est pas par ce qu’il y a quelques fauteurs de trouble qu’il faut abandonné, qu’il faut juste changer de place, choisir un autre rond-point, dire qu’on n’est pas avec eux, nous on est pacifiste !

La réponse est, grosso-modo “Oui c’est vrai, on verra la semaine prochaine !”.
Arrrrffff, ça me frustre encore plus !

Acte 4 ½ — Le premier rencard !

Le mercredi qui précède l’Acte 5, le 12 Décembre 2018 donc, les Gilets Jaunes d’Achères font un point devant le magasin Leclerc, après avoir prévenu sa direction, vers 17h00. Je décide donc de m’y rendre, avec mon gilet !
Ah, enfin, je l’enfile ce gilet !

Un soulagement ?

Carrément ! Je rencontre donc ce groupe, composé de membres que je connais, d’autres que je ne connais que de vue et d’inconnus. L’échange est très agréable, on décide ensemble de se prendre le rond-point de la semaine précédente qui a été avorté. Mais ayant une caméra de vidéo-protection, je suggère de ne pas y aller, mais de prendre le rond-point du Leclerc.
C’est un vote à l’unanimité ! C’est cool, je me suis senti utile, c’est con hein !

ACTE 5 — Putain, mother fucker !!!!!! ON Y EST BABY !!!!

L’Acte 5, le 15 Décembre est donc notre 1er “Acte” ! On y est resté seulement de 9h00 à 13h00, on a pris la température, on a distribué des tracts qu’ils avaient rédigés et imprimés aux boulots. Nous y sommes restés que le matin car, on était un peu timide, on ne savait absolument pas comment on allait être reçu, par les autres citoyens, les flics, d’éventuels fauteurs de trouble, et puis, est-ce que l’on va être nombreux, on n’était que 6 au rendez-vous du mercredi, alors là… Au final on était une petite dizaine, on a eu le soutiens de, facile, 95% des passants, et c’est que ça défile à ce rond-point ! 600 tracts au format A5 (A4 coupé en 2) distribué en quelques heures !

Personnellement, je ne m’attendais clairement pas à ce soutiens, que les gens kiff, je me suis dit il y en aura un bon paquet, mais autant de klaxons, de gens qui brandissaient leurs gilets par la fenêtre, des gens qui disait “Ah enfin des Gilets Jaunes, MERCI !”, des applaudissements, des baisés lancés, on ne savait plus où donner de la tête, je vous assure, je n’en ajoute pas, on avait le sourire jusqu’aux oreilles, c’est juste KIFFANT, et puis, l’élan de générosité, dans une ville qui n’est pas riche, est assez folle !

Regardez plutôt ce que l’on nous a donné en une matinée ! C’est dingue ! Et on était que 11 GJ précisément !

Il y avait une personne avec nous qui était bien plus dans le besoin que nous, elle a pris pleins de choses, elle en avait les larmes aux yeux, le reste, on l’a donné aux Resto du Cœur présent ce jour dans la galerie marchande du Leclerc !

Quel Kiff !

Enfin un mouvement qui me colle à la peau, et plus ça avance, plus je me dis que l’on va vivre un moment historique, un moment qui sera ancré dans les livres d’histoire, un moment que n’importe quelle université citera pour exemple, un mouvement dont je sent l’ampleur aller autant qu’en Mai 68 !

Préparons la suite !

Le même jour, après avoir discuter avec les membres, j’ouvre la page Facebook publique. Il y en avait eu une, mais elle a été close, je ne sais pas pourquoi, et un groupe privé pour l’organisation. Deux jours après, j’ouvre un “Cahier de Doléances” sur cette même page, qui sera renommé en “Cahier de Doléances d’Exigences”.

Pourquoi changer le nom ?

Doléances
nom féminin pluriel
(ancien français douloir, du latin dolere, souffrir, peut-être avec l'influence de créance)


• Plaintes ou réclamations, en général adressées par des subordonnés à un supérieur : Présenter des doléances.
• Plaintes et vœux adressés au roi et consignés par les trois ordres dans des cahiers (cahiers de doléances) rédigés à l'occasion de la réunion des états généraux.

Autant te dire qu’après avoir lu sa définition, nous n’avions plus trop envie de dire “Doléances” !

Après quelques révisions, on tombe d’accord là dessus :

Bon, on est d’accord ou pas, en tout cas, nous, dans notre groupe, on l’est !

Nos premiers tracts remastérisés par mes soins, ont étés imprimés en couleurs (toujours dans les tafs de chacunes) et on a le droit aux premières critiques débiles…

“Ils disent ne pas avoir de thunes et regardez, ils impriment en couleur !”

Le 5 à 7 du Mercredi !

Depuis, nous faisons un point tous les mercredis de 17h00 à 19h/20h et on se donne RDV sur le rond-point le samedi toute la journée, de 10h00 à 18h00 environ.
C’est pas grand chose, c’est symbolique, mais on montre qu’on est là.

L’un des initiateur de notre mouvement a créer un groupe Discord pour échanger. Un groupe, un salon très sommaire. Mais c’est pratique !

Par la suite des personnes de La France Insoumise sont venus à notre rencontre, nous ont félicité du mouvement et nous disait vouloir y participer.

Nous leur avons dit que nous venons toutes et tous en notre nom propre, tant qu’ils faisaient de même, peu importe leurs orientations politiques, ils peuvent venir.
Et bien ils ont joué le jeu, ils sont venus en tant que citoyen, n’ont pas engagé de conversation autour de leur parti, ils étaient Gilets Jaunes. Quelques uns sont aussi venus, ils étaient d’une étiquette PS et PCF, ils ont aussi “joué le jeu”, pas d’étiquette.
Notez qu’il y a eu un énorme respect. Je n’ai rien contre aucun parti, idem si quelqu’un était venu en son nom mais initialement sous l’étiquette LReM ou RN !

D’ailleurs, je n’étais pas là, mais il y aurait eu quelqu’un proche RN, un couple, qui serait venus à la rencontre des membres GJ un mercredi, en apportant eux aussi des “revendications” dont des propos comme “Fermer les frontières car on en a marre des bougnoules” et “Les blacks ci ça et les PD ci ça”, je ne sais plus exactement… Bref, ils ont étés reçu, pas de racisme, d’homophobie ou que sais-je, non mais oh !

La présence occasionnelle des membre de partis politique, nous aide à nous organiser, structurer et engendrer du débat et de la discussion, de part leur connaissance. Certains sont d’anciens CGT. Idem, leurs connaissances des différentes manif nous ont permis de s’organiser.

Le groupement de la France Insoumise nous a proposé de venir à leur réunion parler du mouvement, ce que l’on revendiquais etc. Nous avons accepté l’invitation, ils ont écouté, donnés des idées, tendu la main.
Et historiquement la gauche a toujours soutenu ce genre d’action, ça aurait été indécent qu’ils ne s’intéressent pas à celle-ci !

Et donc, c’est quand que les flics sont venus vous pété la gueule ???

Et bien détrompe toi, la majorité des flics que nous avons vus nous ont dit nous soutenir, être moralement avec nous, ils ne sont pas venus nous faire chier, bien au contraire, certains nous ont même apportés des croissants et pains au chocolat, le directeur du Leclerc les cafés et les croissants. Autant dire qu’on avait presque l’impression d’être corrompus !

Les actes défilent et nous faisons connaissance du groupe des GJ de la ville d’à côté. Des gens adorables, dynamiques, motivés !

Au total, en ce début 2019, on est déjà environ 25 présents sur le rond-point, plus d’une trentaine de visages différents depuis le début. On est là, on se libère, on gueule, ça défoule, ça fait un bien fou, vous n’imaginez même pas !

Les gens nous accueillent avec des grands sourires ! On ne bloque pas, on filtre, on tract, on joue avec les gens “C’est un nouveau péage, pour passer c’est 100 balles ou un coup de klaxon !”, vous vous en doutez, ça klaxonne pas mal ! Certains insistaient pour nous donner du fric genre 1, 2, 5 ou même 10€ !

On faisait les clowns, mais en même temps, on échangeais de vrais revendications !

C’était devenu basique. On a alors décidé de continuer à se voir le Mercredi soir à 17h00, mais cette fois-ci, de débattre sur le fond. Que veut-on, comment on le met en place.

Il y a eu tout pleins de choses, principalement ce que j’ai noté plus haut dans le cahier d’exigences.

On a voté à main levée, on donnait 3 points qui, selon nous, nous ferait arrêter d’être sur les ronds-points, pour ma part :

  • Macron Démission
  • La 6ème République
  • Le R.I.C.

Voilà ce qui en est principalement ressortit !

Mais ils sont où ? Mais ils sont où ? Les voisins GJ là, là là, là, là !!!

Entre tout ça, les copains de la ville d’à côté ont organisés des actions de tract chez Peugeot et au rond-point de la gare, en vue d’un grand rassemblement suivi d’une marche prévu le Samedi 26 Janvier 2019.

On s’est tout naturellement allié à eux.

Mais tu dis “on” comme si tu dirigeais le truc !?

En réalité, je ne sais pas trop comment ça s’est fait, car ça s’est fait assez naturellement et rapidement, les membres d’origine n’avaient plus de temps, pas assez la santé etc. pour diriger le truc que les gens m’on donner leurs confiances, comme si c’était moi à l’origine du mouvement.
C’est un rôle, qui en réalité, je me serais bien passé. Mais les gens me font confiance, me demande ce qu’on fait etc. et j’avoue… C’est hyper déroutant…
Je leur rappel que je ne suis pas le chef… Mais ils me présentent presque comme ça -_-

Le fait de se rapprocher des voisins m’ont aussi permis d’avoir des “chefs et cheffes” supplémentaires !

Nouvelle année, pleins de bonnes révolutions !

Le 4 Janvier, c’était un vendredi, et c’était mes 31 ans ! Nous sommes donc allé fêté ça simplement en famille, avec ma femme et mes enfants au Buffalo Grill ! C’est quasi le seul “vrai” resto de l’année, avec l’anniversaire de madame généralement !

Et vous savez quoi ?

Vous avez bien mangés ?!

Oui, bon ça ok, nan, j’ai eu le droit à un message sur Facebook… Je vous laisse lire…

Et là, le 5 Janvier 2019, le lendemain, on décide d’aller aider nos copains d’à côté. On va tracter, on déploie une banderole toute mignonne :

Et on distribue du tract, on fait du bruit, la Police Municipale passe, parle avec une des membres, puis un autre membre nous propose d’aller tracter à la sortie de la gare, nous étions donc 6 environ, devant la gare, sur la place publique, on discutait entre nous, avec nos gilets sur le dos, on allait boire un coca et manger une part de galette et ça faisait à peine 20 réelles secondes qu’on était là, qu’une voiture de la Police Nationale vient à tourner autour de nous.
20 putains de secondes !
Il y a déjà pas mal de monde, ainsi que d’autres groupes de gens qui n’ont pas de gilets eux qui discutent (qui n’ont rien à voir avec nous), une douzaine de lycéens à une vingtaine de mètres, mais nan, les flics viennent nous voir nous. Certes on est en jaune fluo, mais quand même ! Une discussion qui partait bien s’est vite transformé. Malheureusement on n’a pas eu le réflexe de filmer !

Pour situer, 3 flics. 1 homme, mince (A), 1 femme (B), 1 homme plutôt baraqué (C). Ce dernier avait l’air d’être le chef des 2 autres.

  • B : Bonjour, vous êtes gilets jaunes ?
  • Moi, en souriant : Non on est en panne ! LOL Oui, on est gilets jaunes !
  • B avec le sourire : Et ça va ? Vous n’avez pas trop froid ?
  • Nous : Non, ça va
  • A : Et même pas du café pour vous réchauffer ?
  • B : Ou de l’eau chaude pour le thé ou autre liquide chaud ?
  • Nous : Non ! Même pas !
    • C’est là que je tilte que ce n’est pas pour nous qu’ils demandent ça, mais plutôt pour leur sécurité…
  • B : Bon, et ça fait longtemps que vous êtes là ?
  • Un des copains : Non, 1min à peine, mais depuis une bonne heure sur le rond-point (le pointant du doigt)
  • A : D’accord et vous avez des pancartes là ?
  • Moi : Ici, non !
  • B, me montrant mes feuilles A3 de couleurs roulés sur un ton un poil sec : Et là dessus, y’a écrit quoi ??
  • Moi, en lui montrant : Rien, c’est vierge !
  • B : Hum…
  • A : Ok…
  • C entre en jeu, pendant que discrètement A et B s’éclipse : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins (il sort un carnet papier) je vais prendre vos noms, pièce d’identité !

A ce moment là, deux d’entre nous, peu habitué, pris de peur sûrement, sortent leurs CNI.

  • Moi et les autres : On n’a pas de pièce d’identité !
  • C : Et bah on va aller au poste !
  • Moi : Pourquoi Monsieur ? Quel est notre infraction ?
  • C : Réunion illégale !
  • Moi : LoL ! Ok, je me casse !
  • C : Non, restez, je contrôle ces messieurs puis après c’est vous !

Je vois A et B montrer la banderole et se diriger vers celle-ci, d’un pas décider ! Je décide donc de m’éclipser, on est 4, je vais plus vite qu’eux, et je décroche la banderole et me sauve à pas soutenu. On se sépare et je fais disparaître la banderole et mes flyers au coin d’une rue ! Et à 2, on essaie de s’éclipser au pas de course dans une autre rue, A et B nous voient, crient “ARRÊTEZ-VOUS ! ARRÊTEZ-VOUS !” nous on se met à courir, mais ma collègue ne pouvait pas trop courir, qu’on se fait rattraper.

A me dit d’un ton énervé et essoufflé de ranger mon portable, me menace de le prendre… Puis me dit :

  • A : Pourquoi vous courrez ??
  • Moi : Par ce que vous nous coursiez !
  • A : Vous êtes un gamin ?!
  • Moi : Possible !
  • A : Vous n’avez rien d’autre à foutre ?!
  • Moi : Non, et puis ça réchauffe comme on n’a pas de café !
  • A : Puéril ! Quand on vous dit stop c’est stop !
  • Moi : Et vous voulez pas qu’on vous obéisse aussi non ?!
  • A : On est la police !!!
  • Moi : Oui et moi je suis gilets jaunes, enchanté !
  • B : Vous vous foutez de nous ??
  • Moi : Je ne me permettrait pas !
  • B : Pièce d’identité !
  • Moi : Tenez… Malpolis, on dit s’il vous plaît…
  • B : Vous ne me dites pas ce que je dois faire !
  • C arrive et procède au contrôle.
  • A : Numéro de téléphone !
  • Moi n’ayant pas compris : Pardon ?
  • A : T’a bien compris, ton téléphone ?
  • Moi, sur le moment j’ai cru qu’il voulait mon appareil : Déjà, on n’a pas élevé les cochons ensemble donc vous me vouvoyez monsieur, et non, vous n’aurez pas mon téléphone portable !
  • A : Non, ton numéro !
  • Bref, n’ayant pas trop de choix : 06XXXXXXXX
  • B : Vous savez, on peut vous embarquer !
  • Moi : Pour quel motif ?
  • A : Manifestation illégale !
  • Moi : Ce n’est ni une manifestation ni illégal !
  • A : SI C’EST ILLÉGAL !
  • Moi : Pas besoin de crier, je suis à côté. Quel texte de loi m’interdit de manifester ?
  • A : Pfff… Vous savez bien…
  • Moi : Non, la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen me donne le droit de manifester librement dans l’espace publique.
  • C : Et vouloir nous filmer, ça vous dit quelque chose le droit à l’image et la vie privée ?
  • Moi : Et vous ça vous dit quelque chose la circulaire de 2008 relative au droit à l’image des fonctionnaires de police hein ? [→ Circulaire 2008-8433-D]
  • C en me lançant presque ma CNI à la tronche : C’est bon… partez…
  • B : Et elle est ou la banderole ?
  • Moi : Jamais vu de banderole !
  • A : Celle où il y avait “Macron Démission” !
  • Moi : C’était “Macron Dégage”, bah il n’y en a jamais eu !
  • B à A : C’est les 2 autres qui doivent l’avoir… Pfffff On aurait dû les chopés !
  • B : En plus, c’est bête, vous savez, on est avec vous pourtant !

Bref, je leur ai ris au nez, ils partent et C, depuis la voiture, me fait signe de venir et me dit discrètement :

  • C : Tu sais on va revenir hein !

D’un air très malsain, pendant qu’un collègue vient et demande lui aussi d’être contrôlé, pour narguer les flics. Ça sentait le flic frustré qui voulait pété la gueule de ces sales bolchevistes de gilets jaunes au couteau entre les dents ! Mes collègues ayant eu peur, préférant rentrer, on est revenu sur “notre” rond-point.

On ne s’est pas laissé intimidé pour autant. Les autres rendez-vous se sont super bien passés, comme dit auparavant !

On a été tracter pour l’événement du 26 à la gare de par chez nous, on a été très bien accueilli, par l’équipe SNCF super sympa, les gens, mais aussi par la police avec qui on a eu une discussion très intéressante !

Je ne vais pas tout raconter ici, ne serait-ce que par respect pour eux.

Le premier événement local !

Oh yeah baby ! Les copains GJ ont décidé donc de faire un rassemblement et une marche, allant de Poissy à Saint Germain-en-Laye, devant le château, image forte pour dénoncer le Dictat-Macronisme-Monarchique !

Ils ont lancé l’appel, prévu le service d’ordre, prévenu les mairies, déclaré en préfecture, déjà, chapeau, ils sont un peu moins nombreux que nous, et ils font un truc assez grand et fou !

Nous les avons aidés du mieux que l’on pouvait ! Et au final, nous étions une bonne centaine !

Je vais vous copier/coller le texte d’un des membres GJ, il explique mieux que moi cette journée du 26 !

Une bonne centaine de gilets jaunes selon la journaliste de la Gazette, dont des responsables syndicaux à titre personnel, marchent dans Poissy avec dynamisme et donnent de la voix ! Encadrés par leur propre service de sécurité discipliné, les gilets jaunes distribuent leurs tracts à la population qui les encouragent et qui klaxonnent ! Rien d’une kermesse ou d’une procession, une marche combative et très déterminée réclamant la démission de Macron et l’instauration du RIC !!
Ensuite, les deux tiers des manifestants effectuent au total plus de 15 km et réclament le rétablissement de l’ISF sous les fenêtres de certains appartements luxueux de Saint Germain-en-Laye. Si de bons bourgeois ont tenté (de loin) des quolibets, il s’est trouvé des voitures et des bus pour appuyer les gilets jaunes. Il fallait oser crier “Taxer les actionnaires, pas les retraités, pas les salariés” dans cette ville privilégiée !! Après avoir entonné la Marseillaise à deux pas du lieu où est né Louis XIV, les gilets jaunes franchissent les carrefours en direction de Poissy aux cris de “Macron démission, Castaner en prison, la police avec nous !” Saint Germain-en-Laye n’a jamais vu çà !! Sur le chemin du retour, les discussions fraternelles préparent les actions futures ! A Poissy, personne ne veut partir…

Pendant cette marche, nous avons appris que Jérôme Rodrigues, une des figure des plus pacifique du mouvement, avait été touché à l’œil, aux dernières nouvelles au moment où j’écrit ceci, par une LBD40.

Le retour du cortège se fait dans l’indignation, la colère, l’incompréhension la plus totale…

D’autant plus que le mercredi précédent, après notre point, nous sommes allés à 4 à l’Assemblée Générale du 95 à Pontoise. Il y était avec Laëtitia DEWALLE, Philippe PASCOT, Éric DROUET, Hakim LOWË et Maître De Veulle !

Lors de notre visite à cette AG, nous en avions profité pour nous présenter devant tout le monde, ce qui nous a permis de rencontrer des personnes des alentours et aussi de Maisons-Laffitte où ils ne sont malheureusement que 5. Nous avons donc décidé de les rencontrés et nous allons prochainement décider de ce que l’on allait faire.

En tout cas, notre passage a fait grimper les likes de page Facebook juste après !

L’union fait la force !

L’idée serait de concentrer nos actions et de changer de lieux régulièrement, sans forcément déclarer quoi que ce soit avant.

Nous nous sommes déjà manifester auprès de l’appel de Commercy, nous allons nous organiser encore plus, voir de quelle manière nous pouvons encore agir, comment on peut débattre, faire des petites AG.

Malgré tout, nous vivons un moment historique dans une époque formidable, nous pouvons renverser le pouvoir, et nous feront tout pour y arriver.

Je ne veux pas de ce putain de monde de merde pour mes enfants et futurs petits-enfants !

Je ne veux pas être un PQ pour mon employeur, il doit aussi me respecter !

Nous sommes conscient des dangers, si c’est le prix à payer pour avoir notre liberté, alors payons là !

Je suis toujours déterminé, il y en a marre, même nos petits commerces n’y arrivent plus, c’est une honte.

Bien entendu, ce récit ne reflète que mon point de vue, la manière dont je l’ai vécu et vit toujours. Peut être cela ne correspondra plus dans quelques jours ou mois ou année.

Et je terminerais cette rédaction sur ceci :

MACRON, TU ES UNE HONTE POUR NOTRE PAYS !
BARRE TOI ! ET VITE ET EMMÈNE TOUTE TA CLIQUE !

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