Aujourd’hui je vais faire une analyse sur une forme d’harcèlement et de jugement que j’ai subi pendant un moment mais que je subis encore par moment.
C’est quelque chose qui me prend les tripes et heureusement que je suis de nature calme et positive, j’arrive à prendre sur moi et expliquer calmement les choses. Néanmoins, dans ma tête, des idées sombres ou violentes pouvaient apparaître sur l’instant, durant une fraction de secondes. C’est horrible, c’est l’énervement intérieur qui nous fait paraître mauvais, voir très mauvais, même si on ne l’est pas, mais qui peut être psychologiquement désastreux.

J’arrive à me canaliser à 99% du temps et contre-argumenter, mais certaines personnes ne doivent probablement pas y arriver, elles s’énervent ou encaissent au point ou des idées sombres peuvent apparaître pour elles ou pour les autres. N’en arrivons pas aux actes, alors, parlons-en !

Qu’est-ce que le « jugement par l’horaire » ?

C’est le petit nom que j’ai trouvé, à défaut d’autre chose. Je n’ai rien trouvé de documenté sur le sujet, mais ça doit bien exister.

Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir eu des réflexions de votre entourage car vous vous êtes levé « tard », ne serait-ce que « C’est à cette heure-ci qu’on se lève ? » — « On voit les fainéants, debout à 11h ! » etc.
Même dit de façon humoristique, c’est limite !

Ce jugement ne prend qu’un seul paramètre en compte : L’heure de levé (et non de réveil).
En plus si vous avez le malheur de dire que ça fait 1h que vous êtes réveillé, on vous rétorquera « Ah en plus ! Et tu flemmarde au lit ! »… 🙄

Des propos comme ça, j’en ai eu des tonnes. Par exemple, de la part d’une de mes ex, je vous met un bout de situation et je vous met dans le contexte juste après !

  • Je suis sans emploi.
  • J’ai deux enfants, 4 ans et 1 an (actuellement, en 2022, 6 et 3 ans).
  • Du Lundi au Vendredi, madame commence à 6h00 et finit le travail à 13h30.
  • Du Lundi au Vendredi, j’amène la grande à l’école et je garde la petite à la maison.
  • Du Lundi au Vendredi, il m’arrive par fois de faire une petite sieste de 14h30 à 16h.
    Du Lundi au Vendredi, madame va chercher la grande à l’école et le Mercredi j’ai les deux à la maison.
  • Le week-end, madame se lève pour les enfants vers 9h00.
  • Le week-end, je me lève vers 10h30/11h.
  • Le week-end, madame fais une sieste l’après-midi.

Les propos de madame : « Toute la semaine, je me lève à 5h pour aller bosser, à peine je rentre, je doit m’occuper de la petite, le week-end tu fais grasse-matinée, j’aimerais faire pareil » etc etc.
Expliqué de son point de vue auprès de ses amis et famille, ceux-ci me font la morale « Tu devrais penser un peu plus à ta femme, la laisser faire des grasses-mat’ le week-end, elle est fatiguée, ça se voit ! » mais aussi « Elle m’a dit que tu ne faisais pas le ménage par fois, tu devrais l’aider un peu, tu ne trouves pas ? ».

Ceci est le cas N°1. Depuis je ne suis plus avec elle hein ! Je reviendrais dessus plus tard.

Cas N°2 :

En vacances chez mes parents, avec mes filles, en Bretagne. Les enfants couchés vers 21h30, je me couche vers 23h30/minuit. Un membre de ma famille avec ses deux enfants et sa femme sont là.
Le matin, mes filles se lèvent vers 9h30, prennent le petit-déjeuné avec les grands-parents. Je me lève vers 10h15/10h30 voir vers 10h45 !

« C’est à cette heure-ci qu’on se lève ? ‘rires’ Nous on est debout depuis 8h45 ! »
« La vie est belle, le mec bosse pas et fait des grasses-mat’, faut t’occuper de tes filles un peu ! »

Dans les deux cas, il est même possible que vous aussi vous vous dites que je suis un fainéant, que je profite de la vie, que je délègue à mes parents ou à madame à l’époque. Que je suis un chômeur qui n’en fait pas une, dû moins, le minimum syndicale.

Commençons par le cas N°2, gardons le meilleur pour la fin !

Récap du cas N°2 :

Durant la journée, même si mes filles sont autonomes, jouent avec leurs cousins, dessinent et demande des activités avec leurs grands-parents, je suis papa solo, donc les douches, l’habillage, la coiffure ou encore les câlins, le couché du soir et tout un tas de chose, c’est bibi qui fait ! En plus d’aider mon père à bricoler dans la maison, à faire du rangement ou bien aider ma mère à faire à manger, passer un coup de balais ou encore amener les déchets alimentaires au compost au fond du jardin. Mais que se passe-t-il le soir et la nuit ? Couché vers 00h00, la petite qui fais soit un cauchemar soit veut un câlin de papa la nuit, se réveille vers 2h30 puis vers 4h00 ou vers 5h30 ! Je ne retrouve pas le sommeil instantanément. Ma nuit est donc hachée. Je ne fais pas de sieste l’après-midi, contrairement à la personne de ma famille qui se repose 1h ou 2 en début d’après-midi.

Ceci est donc le cas le moins intrusif et le moins répétitif. Mais ici, on ne prend clairement pas en compte certaines choses de la journée, ni certaines tâches non-vus du début d’après-midi, on considère même certaines tâches quotidiennes comme banales et insignifiantes, mais surtout, on ne prend pas le paramètre d’une nuit de 2h + 1h + 6h = 9h mais sans continuité et sans les deux phases de sommeil profond.

Ajoutons aussi que lorsque l’on explique la nuit, la réponse est généralement « Bah oui, nous aussi ça nous arrive ! » et tous les parents solo vont se reconnaître dans ma phrase : « Oui, mais vous, vous êtes 2 ! Mois je suis seul ! » et contre-argumentaire magique « Te plains pas, heureusement qu’on est là, c’est chez tes parents et on ne t’a pas encore vu mettre les couverts au moment des repas ! ». Bien entendu, je suis aussi de corvée dressage de table vu que c’est chez mes parents…

Récap du cas N°1 :

J’ai pris un passage extrême, qui a été le point culminant pour moi dans le reproche excessif.
Je suis au chômage depuis mon licenciement économique, nous avons pris le choix financier que je reste père au foyer à la naissance de la petite, car seul, le choix d’une envie personnelle faisait qu’étant papa, je n’était pas légitime pour ce poste…
Les repas, c’est moi qui m’y colle, madame n’aime pas cuisiner, moi j’adore.
L’entretient de la maison, aspirateur tous les jours ou presque, nettoyage des WC tous les 2 jours, nettoyage du sol à l’eau 2 fois par semaines. Traitement des courriers et des comptes, je fais les courses, seul, je fais tourner des machine de linge (que je n’étend pas toujours, voir rarement), je vide et remplis le lave-vaisselle.
En semaine, je me lève à 7h20, prépare les enfants, j’amène la grande à l’école, je rentre avec la petite, je retourne chercher la grande à 11h30 prépare le manger, donne à manger et raccompagne la grande pour 13h30. Entre 8h45 et 11h15, soit en 2h30, je fais l’entretient cité juste avant. Et j’en profite pour laisser madame s’occuper du linge et par fois d’un coup de ménage et de la petite de 14h environ à 16h00.
De plus, la sœur de madame étant maman solo, je lui ai proposé mon aide. Du Lundi au Vendredi, je vais chercher son fils à 16h30, l’amène chez lui, je lui fait le bain, des activités, à manger et le couche à 20h40. Puis j’attends sa mère qui finit le travail à 1h00 et est chez elle à 2h30. Je lui raconte la journée de son fils et part de chez elle vers 3h00, me couche vers 4h car entre 3h00 et 4h00 la petite réclamait par fois des câlins ou avait la couche pleine. Madame se levant à 5h et moi à 7h30.

Bref, je vous parle d’un cas personnel et précis, mais vous comprenez l’enjeu de bien avoir tous les éléments. Et encore, je suis blanc !

Pourquoi ? Car mêlé à ça du racisme banalisé ou du cliché, ça peut être pire. Je me rappelle, plus jeune, une voisine dire à ma mère « Oh, bah c’est comme le Mohammed, c’est bien un Africain hein, il se couche très tard, l’autre jour je l’ai vu rentrer à 3h du matin et il se lève vers midi et en plus il râle par fois, car des voisins font du bruit quand il dort ! » ma mère lui avait rappelé que Mohammed avait une femme handicapée et 3 enfants et qu’il était agent de sécurité, il travaillait par fois les week-ends et jours fériés, de nuit, de 21h à 9h et que sa nuit… Bah par fois, c’est le jour ! Et qu’il cumulait par fois un second travail pour compenser à la maison.

C’est comme l’histoire d’une voisine, critiquée sur l’horaire par une autre voisine « Elle a toujours l’air fatiguée en plus l’autre jour je l’ai vu peu avant midi, elle venait de se levée, ça profite bien de ses grasses-mat’ et en plus elle a une nounou qui vient s’occuper de ses gosses, comme si elle ne pouvait pas le faire… » oui, difficile pour une maman solo infirmière en hôpital publique.

Voilà, c’est ce type de jugement qui est insoutenable. L’énervement peut d’autant plus survenir que le sommeil est rarement réparateur.

Si vous vous êtes reconnus en tant que donneurs de leçon, arrêtez immédiatement, vous êtes un enfer pour les autres.

Et donc que faire lorsque l’on subit ça ? Dans son couple, j’ai envie de dire, discutez, mettez les choses sur la table, démontrez tout ce que vous faites par rapport à l’autre et si ça ne passe pas, la rupture est à envisager !
Envers des voisins, expliquez-leur exactement ou ignorez-les. Pour les membres de votre famille/amis, soyez franc·he·s et brutal·e, au niveau de ce que vous subissez. Craquez devant eux, ça peut vous aider à évacuer ce stresse et mettre mal-à-l’aise votre interlocuteur.

Malheureusement on est obligé de passer par une phase de « justification » pour se légitimer, c’est une phase qui peut être tout autant douloureuse. Changez d’amis et éloignez-vous de ces personnes, elles sont nocives.

Pour terminer :

Il n’y a malheureusement pas de recette miracle, cet article, ces exemples concrets sont là avant tout pour en parler et montrer qu’on n’est jamais seul·e à subir ceci et espérons que ça fasse comprendre aux autres qu’ils sont nocifs pour nous.

N’hésitez pas à témoigner de votre vécu en commentaire !

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