Le jour du dépassement capitaliste. Ce jour à partir duquel les travailleurs et les travailleuses s’échinent entièrement au bénéfice des actionnaires. Ce surtravail gratuit permet aux propriétaires des moyens de production, les capitalistes, de s’accaparer une partie des richesses produites par le travail humain. Tout ça, sans bouger leurs fesses de leur fauteuil en cuir.

Depuis 10 ans, ces assistés d’en haut sont de plus en plus récompensée : le jour du dépassement a avancé de 45 jours pour arriver en 2022 au 22 septembre. 45 jours de plus pendant lesquels le peuple se fait voler le fruit de son travail par une caste parasite : les actionnaires. Cette hausse du surtravail doublée de la servilité du gouvernement au service des ultrariches mènent à l’explosion des inégalités. Aujourd’hui, en France, 5 profiteurs possèdent autant que 27 millions d’exploités. Notre article.

Comment une poignée de personne peut-elle s’enrichir de plus en plus sans jamais produire aucune richesse ? Au XIXème siècle, la question est dans tous les esprits progressistes confrontés aux ravages un capitalisme presque aussi sauvage et débridé que la version ultra libérale, financiarisée et mondialisée, que nous connaissons aujourd’hui.

Sans surprise, la réponse la plus largement partagée et débattue vient de Karl Marx qui développe la théorie de la plus-value, cette part de la richesse produite par les prolétaires au bénéfice des bourgeois. Pour la seule raison qu’ils possèdent beaucoup d’argent, les capitalistes s’arrogent le droit d’en amasser encore plus.

D’où vient cette plus-value réalisée par les actionnaires, les propriétaires des moyens de production ? Du surtravail du peuple.

Les personnes qui vendent leur force de travail ont un temps de travail divisé en deux parties : une partie qui permet de subvenir à leurs besoins et celles de leur famille grâce au salaire qu’ils perçoivent. Une deuxième partie, le surtravail, pour lequel ils ne reçoivent rien que le plaisir de voir le propriétaire des machines sur lesquelles ils s’usent la santé amasser toujours plus de richesses pour pouvoir se payer les plus belles demeures, les plus belles vacances, et de nouvelles usines (ou d’openspace) où des milliers d’autres ouvriers et d’employés viendront se faire voler le fruit de leurs efforts.

Ce mécanisme injuste est au fondement du fonctionnement du système capitaliste analysé par Marx. Sans ce vol, pas de plus-value. Pas de plus-value, pas d’accumulation du capital. Pas d’accumulation du capital, pas de capitalisme. Par conséquence, tous les systèmes qui cherchent à abolir ce travail gratuit au seul bénéfices des actionnaires sont nécessairement anti-capitalistes.

Il y a presque 10 ans, Cash investigation alertait sur les risques que faisait peser les actionnaires sur l’intérêt général humain notamment chez Sanofi.

Les actionnaires alors se gavaient toujours plus, ce qui laissait toujours moins de ressources pour payer des humains à travailler pour de vrais. Le Covid a révélé la toute nouvelle capacité de l’industrie pharmaceutique française à ne servir absolument à rien pendant une crise sanitaire. Sanofi était, il n’y a pas si longtemps, une fierté de l’industrie française, avant que les ultralibéraux viennent mettre le chaos de ce pays en le livrant aux mains des actionnaires.

C’était il y a 10 ans. Depuis, les capitalistes ont encore gagné 45 jours de travail gratuit sur le dos du peuple.

Moins de banquier, plus de banquise, moins d’actionnaires, plus de salaire.

Tout comme le jour du dépassement écologique, il est grand temps d’inverser la tendance et de rapprocher aussi près que possible le jour du dépassement capitaliste, du 31 décembre.